Sur la place Saint-François, devenue nationale en 1870, toujours à la suite du nom de la rue, s’ouvrait la porte de l’église et celle du couvent des Franciscains. Les frères avaient là (lieu-dit les Aires) leur jardin et leur cimetière, devenu public au XVIe siècle. Pendant plus de deux siècles, une procession vint y commémorer le 7 avril, la fin de la peste de 1522. Un grand mur, ou une clôture comportait au XVe siècle un ” Portail des frères mineurs “.

En 1564, ce portail fut replacé dans l’axe qui de la Porte d’Orange permettait de voir la chapelle Notre-Dame-du-Peuple.
En 1616, Les Aires furent enfermées par la 3ème enceinte, qui eut sa porte Saint-François, le site était dominé par la présence de l’hôpital Saint-Jacques, son activité fébrile, sa fontaine et son cimetière (1666). Ce n’est qu’en 1745 que l’hôpital, ayant acheté aux cordeliers, créa la place et y mit une fontaine.

En 1774, l’avocat Pierre Revel, 1er consul, fit dédoubler la fontaine de part et d’autre du rempart. Un soir d’hiver, traversant dans l’obscurité la Place du Marché, Revel tomba sur un groupe de jeunes gens, peut-être un peu éméchés et certainement peu physionomistes, qui eurent l’amusante idée de lui mettre sur les épaules une énorme pierre et de la lui faire porter jusqu’aux Aires Saint-François. Revel réussit à porter son fardeau jusqu’à la fontaine. Mais le lendemain, il fit condamner solidairement les facétieux à payer les frais de construction de la fontaine. N’a-t-on pas dit que les trois lettres qui y étaient gravées : FDP, signifiaient ” fontaine des polissons ” ?

Source : Draguignan – Le Temps Retrouvé – Pierre Jean Gayrard – Éd. Équinoxe

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