Son étymologie vient d’une habitante venant de Gap : Gapesse devenant Capesse. Son lavoir date de 1639, le sol était caladé (pavé de galets). Le lavoir est un haut lieu de mémoire et de bavardages… Au Nord, l’on aperçoit les bâtiments du couvent de l’Observance (1501) et à l’Est le couvent des Minimes avec son clocher décalé (1706).

Les Lavandières

Les Lavandières se déplacent par tous les temps jusqu’au lavoir pour laver le linge à la main.
Au début du XIXe siècle, âge d’or des lavandières, ce sont des femmes indépendantes, au caractère bien trempé. Elles organisent leur travail comme bon leur semble.
C’est un métier. Les lavandières viennent souvent de loin pour s’occuper du linge des familles aisées et des hôtels.
Les jours de lessive, on leur porte le linge dans une carriole jusqu’au lieu de lavage. À leur arrivée, la lessive commence, c’est la Bugade (Bugado en provençal).
Les galéjades et commérages vont alors bon train, ces dames colportent les dernières nouvelles de la ville, elles rient, chantent les derniers airs à la mode. Un sujet en particulier leur tient à cœur : les hommes ” ces coureurs, ces voyous… ”
Ces dames se disputent pour avoir la meilleure place, celle près du feu où l’eau chauffe, celle proche de l’arrivée d’eau courante, pour le rinçage.
L’arrivée de l’eau courante dans les maisons dans les années 1950, les blanchisseries, et l’emploi des machines à laver ont fait disparaître ce métier devenant ainsi une des plus belles représentations de notre patrimoine provençal.

La Bugade

C’est la Bugade, d’où le nom de Bugadières donné aussi aux Lavandières. La Bugade, quant à elle, est une lessive qui a lieu deux fois par an et dure toute une journée. C’est un événement important. Elle se ” coule ” au printemps après Pâques et en automne après les travaux des champs terminés.
La Bugade c’est le temps de se retrouver entre femmes, l’occasion de tout se raconter, de chanter des airs à la mode, de rire entre amies. L’eau courante dans les habitations et l’emploi des machines à laver n’existe pas, aussi faire sa lessive est un travail long et pénible, alors la convivialité au lavoir est la bienvenue. Cette corvée est obligatoire pour le plus grand nombre de familles, celles qui n’ont pas la possibilité d’avoir recours aux Lavandières, ces véritables professionnelles du nettoyage du linge qu’il faut rémunérer.

Imaginons le cortège des “carrioles ” à 4 roues, sur la route prenant la direction du lavoir tôt le matin pour charger la gourbo (gorbo ou garbello en provençal), une corbeille en osier dans laquelle sont mis les linges volumineux.

Pour laver le ” petit linge “, les Bugadières utilisent un savon composé d’huile d’olive et de soude. Selon les vêtements à nettoyer, on utilise aussi de la Saponaire, une plante riche en saponine (du latin sapo : savon). Sa mousse douce et fine est efficace sur les linges aux cotons imprimés. Pour laver les tissus noirs, les tissus de deuil, on ajoute à la saponaire des feuilles de lierre et de noyer.

Le Lavoir Capesse

Le Lavoir Capesse doit son nom au Moulin de Capesse qui, à la fin du XIVe siècle, se situe à proximité. Ce moulin appartient alors à une famille originaire de la ville de Gap, Gapesse au féminin et en provençal, devenu avec le temps Capesse.

Tel que nous le voyons, ce lavoir public date de 1639. C’est le plus ancien des deux lavoirs que compte aujourd’hui la ville. Autrefois animé et joyeux, c’est ici que se retrouvaient les bugadières pour faire leur lessive, la bugado.

Témoignage

Témoignage de Madame FATTORI, ancienne bugadière du lavoir Capesse née à Draguignan.

Le Capesse et constitué de deux lavoirs et deux rinçoirs. L’un des lavoirs donne un accès à la rue Blancherie et l’autre à la rue de l’Observance. Les bugadières avaient leurs emplacements ” habituels ” il y avait énormément de monde, elles venaient avec leurs propre savon de Marseille, leur javel, ainsi que le matériel nécessaire au lavage et blanchiment du linge (Battoir ; Planche ; Cuveau ; etc.)

Deux fois par an, au printemps et à l’automne, avait lieu un événement important. Les bugadières faisaient ici leur grande lessive.

” C’était plein, je ne sais pas si vous vous rendez compte, pas une place on faisais pousser les gens qui lavaient déjà, pour avoir un semblant de place. Et puis alors il y avait beaucoup d’échanges, quelques fois les bugadières s’attrapaient le chignon mais ça n’allait pas plus loin, je n’en ai jamais vu une qui en balançais une autre dans le bassin, par contre. ”

” Ce Capesse c’était quelque chose de merveilleux, c’était beau, moi j’ai trouvé cette période magnifique (dans les années 1950). ”

Nous raconte Mme Fattori avec enthousiasme et grande émotion.

 

Source : http://transenprovence.over-blog.com/

Source : Draguignan – Le Temps Retrouvé – Pierre Jean Gayrard – Éd. Équinoxe

 

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