La place a été créée par le dégagement de maisons devant deux édifices publics : l’église de l’Observance et le Palais de Justice.
Au Moyen Âge, elle était traversée par le canal ” dans lequel tombaient tous les jours des petits enfants “. Il fut voûté en 1638 et agrémenté d’une fontaine attestée en 1614, démolie à l’époque contemporaine. Au N°2 s’élevait la ” Maison du Roi ” édifiée dès 1591. Elle abritait le Palais de Justice et la Conciergerie ou prison.

Frédéric Mireur nous a donné sa vision de la place à son apogée : c’est un envol de robes viriles. D’un côté le pieux va-et-vient des Observantins et de leurs pratiques, des Pénitents Blancs allant à leur chapelle, et de l’autre, la ruche noire de toges, près de 50 procureurs et 20 avocats entourés des plaideurs agités. Et ” le ” grand moment : celui où cette foule murmurante était majestueusement fendue par Monsieur le Lieutenant général de la Sénéchaussée, Pierre André de Raimondis (1665-1702), en perruque à marteaux, escorté de deux laquais.
Mais le dimanche, c’était une toute autre musique, car on y dansait, comme sur les autres places principales de la ville. Ici, pendant le Carnaval (entre les Rois et Carême-prenant) ou pour la fête de Monsieur saint Yves c’était le bal des clercs de la Basoche, les apprentis gens de Loi. Le martellement de la farandole, les ris de joie et les ritournelles de l’orchestre allaient sans doute chatouiller les oreilles des pauvres détenus pour dettes qui se morfondaient derrière leurs barreaux.

Source : http://transenprovence.over-blog.com/

Source : Draguignan – Le Temps Retrouvé – Pierre Jean Gayrard – Éd. Équinoxe

 

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