C’est le tracé de la première route locale digne de ce nom, la voie antique, que suis cette rue : une branche de la grande voie romaine provenant de Fréjus et d’Italie (la rue aurait pu s’appeler rue de Rome), ayant bifurqué en direction de Riez et des Alpes. C’est aussi le véritable faubourg de la cité qui se développa ici vers le sud-est. Les premières maisons sont du XIIe siècle.

La construction du 2e rempart au XIIIe siècle laissa le faubourg hors-les-murs. Il fut une proie facile pour les Grandes Compagnies, comme celle d’Arnaud de Cervole qui la dévasta en 1357.
Puis, l’embellissement des maisons et l’élargissement de la voie reprirent de pair. La rue Droite du XIVe siècle, s’élargissant comme une main tendue, allait au devant des voyageurs, leur présentant à son extrémité une pente vers la ville. Elle leur offrait des logis, leur révélait ses échoppes et ses étals et, en dernier recours, son Hôpital qui recueillait tous les éclopés.

La rue regorgeait de monde. La dernière enceinte, au XVIe siècle, l’engloba totalement. Son issue était alors la Porte des Augustins, flanquée de deux tours rondes (place Pasteur). Avec la place Porte Romaine, la rue Droite fut sous la Fronde le domaine des Sabreurs : ceux-ci pratiquaient parfois, dans un but stratégique, des ouvertures de communications clandestines entre les maisons. Un pointage de quelques nouveaux arrivants notoires des XVIe et XVIIe siècles montre une provenance majoritaire des villages voisins, et socialement une petite bourgeoisie.
Au XIXe siècle, la démolition du rempart rouvrit sa perspective à la rue Droite, devenue rue de Trans. Mais son flux vital, lié à la route, lui fut bientôt et définitivement ravi par une nouvelle rivale : l’Avenue Carnot.

Source : Draguignan – Le Temps Retrouvé – Pierre Jean Gayrard – Éd. Équinoxe

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