La ville de Draguignan possède au cœur de l’agglomération, un vaste espace ombragé. Ce sont les ” allées d’Azémar “, dont l’histoire débute dans un lointain passé lorsque le quartier n’était encore qu’un lieu parsemé de marécages et d’aires de battage de blés.

La proximité de la porte de ville dite Saint-François, positionnée sur la partie sud du rempart du XVIIe siècle, à quelques distances du couvent des Franciscains qui est l’Hôtel de ville actuel, contribua à donner le nom ” d’aires publiques Saint-François ” à cette partie du territoire communal.

À l’époque, lorsqu’on sortait de la vieille ville pour se diriger vers Flayosc ou Lorgues, on suivait un chemin rural qui coupait à travers champs.

Non loin de là, à droite sur un léger monticule, s’élevait la chapelle Saint-Jaume.

Au XIIIe siècle cette chapelle dépendait de l’abbaye Saint-Pons de Nice, puis fut rattachée au XVe siècle au prieuré de Saint Hermentaire.

En 1494, il fut décidé de l’utiliser comme abri pendant la nuit pour les voyageurs indigents.

La démolition de l’édifice intervient pendant les guerres de religions et de la Ligue.

De toute antiquité les aires de battage du blé, celles de Saint-Jaume et de Saint-François, étaient utilisées en libre usage par les habitants.

Sur le bord du chemin de Lorgues, l’une des importantes voies d’accès de la cité, on édifia au XVe siècle une autre chapelle sous le vocable de Notre-Dame de Montserrat.

La tradition locale donna par la suite à ce modeste édifice religieux l’appellation ” Petite Notre-Dame ” par comparaison avec la chapelle voisine de Notre-Dame du Peuple.

Notre-Dame de Montserrat occupait l’emplacement du bas des allées d’Azémar actuelles.

L’histoire

Celle-ci nous apprend qu’un pèlerin originaire de Corps, dans les Hautes Alpes, aurait été à l’origine de sa construction, en souvenir de son passage à l’ermitage catalan de Montserrat en 1535.

Plus tard, la chapelle devint le siège de la confrérie des Pénitents bleus tandis que l’ordre religieux des Minimes envisageait d’y établir un couvent.

En 1663, on y installa un ermite. En février 1793, des inconnus mirent le feu à l’édifice, accélérant ainsi une décision en faveur de sa démolition, au motif que ” la chapelle nuisait aux foulures des grains, attendu qu’elle retenait une partie du vent…”

En 1776, les notables du quartier furent en émoi à cause d’un projet de création d’un cimetière à proximité de ce lieu. Peu avant la Révolution, sous le Consulat de Honoré Muraire, on nivela les aires avec plantation d’ormeaux. On créa un emplacement commode pour les foires, avec création d’un marché aux bestiaux bimensuel.

Sous la Terreur ce terrain pris le nom de Champs de Mars, lieu idéal pour les revues militaires et les bals publics.

Sous l’impulsion du préfet du Var, Pierre-Melchior d’Azémar, né en 1740, aimé des varois, les allées ” d’Azémar ” venaient de voir le jour pour l’utilité et l’agrément de la population.

En 1806, une plantation d’arbres permit de remédier au manque d’abri ” contre les atteintes du soleil aux abords de la ville…”

On y installa un kiosque à musique démoli en 1966. Pour la petite histoire lors de son inauguration le 14 juillet 1888, on joua la marche des pèlerins de Richard Wagner !

En 1848, les maisons bordant les allées étaient déjà bien avancées et formaient un environnement urbain près de Hôtel de la Préfecture nouvellement construit.

Source : http://transenprovence.over-blog.com/

Source : Draguignan – Farandole alphabétique – Axel Graisely – Éd. Prestance diffusion

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